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SEPTEMBRE 2025

  • Writer: Eléonore Leberger
    Eléonore Leberger
  • Oct 1
  • 9 min read

01.09.25


Ce weekend, j’ai croisé Vicky. Pour lui, faire, c’est suffisant. Le sens est dans l’intention, dans l’envie qu’on a de créer. Il n’y a rien d'autre à aller chercher, ce qu’on fait a de l’importance pour nous, parce qu’on prend du plaisir en le faisant. C’est tout.  


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02.09.25


Hier le temps était menaçant, de l’orage dans l’air, une luminosité vraiment étrange, des nuages dans les tons bleus gris surnaturels. J’en vois un de la forme d’un bébé qui prend un premier souffle de vie, sortant du corps géant de sa mère, allongé, avec une toute petite tête à la fin de son corps, qui repose sur le côté. Bébé : blanc, Maman nuage : gris bleu orageux. Je me dis, il va se passer quelque chose, Maimai va accoucher. Et ce matin à 6h message de Guillaume, le travail a commencé ! Le jour de l’anniv de Mai Mai ! 


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05.09.25


Rêve : Quelqu’un me pose une question qui me hante toujours au réveil : “Tu préfèrerais être un pur esprit ?”


Ben non en fait, ça voudrait dire ne pas pouvoir agir sur le monde. 


Angoisse de dingue pour l’opération et toute la merde autour. Je ne me sentirai bien que dans 4 mois quand tout sera fini…. 


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08.09.25


J’aime la peinture parce qu’à chaque fois j’ai l’impression que je ne vais pas y arriver, que tout est perdu. Et puis tout d’un coup ça prend forme et je comprends et la magie opère. Un peu comme dans la vie. Rejouer ce miracle indéfiniment. Parce que j’ai à chaque fois besoin de raviver ça en moi. 


Retour de Paris. J’ai joué de la guitare, chanté, dessiné. J'ai commencé la série des talismans, inspirée par mes tirages. J’ai tiré les cartes à Maman. 


Maux de têtes terribles.


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09.09.25


Je ne sais pas quand je pourrais à nouveau créer librement, ça me terrorise. Ce matin, juste avant de partir pour l’hôpital, essayer de finir le fond noir du talisman de maman.


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19.09.25


Sentiment de ne pas réussir à me poser/me reposer car cette impression grandissante que mon temps est compté. Je ne veux pas le perdre. Je ne veux pas que ma vie ne serve à rien que passer du bon temps et me divertir. 


Au final qu’est-ce que ça changera ? Qu’est ce que j’aurais accompli de plus que le mollusque qui s’avachit et s'abrutit devant tiktok, des jeux vidéos, la télé… que l’épicurien qui sort H24, que l’indécis qui poursuit tout le temps de nouvelles passions sans se poser, que le don Juan qui enchaine les relations ?



Certains ne se posent pas de question et se laissent guider par le kiffe et c’est assez pour eux. Pourquoi pas moi ? Il y a toujours un truc vide, une quête, une soif, ça ne s’éteint jamais. RESTLESS. 


J’ai envie de tout envoyer balader mais quelque chose en moi y croit toujours et ne lâche jamais. 


Je veux de la transcendance et le quotidien me tue, le bruit des travaux dans ma rue, faire les courses, à manger, la vaisselle… ça ne se termine jamais. Retrouver le monde et les gens me glace aussi. Je veux rester SEULE.  Les gens m’agacent tellement.


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22.09.25


C’est drôle, j’avais une idée précise de ce que je voulais dire, et en allant sur Insta elle s’est diluée. Elle s’est changée en sentiment teinté de « à quoi bon ? » je crois que c’est pour ça que les réseaux sont vraiment dangereux. Ça dilue notre volonté, ça nous rend impuissant.



23.09.25


Je lis LA CHAIR EST TRISTE HELAS de Ovidie. Comme elle, je pense que quand on a envie de baiser, on cherche souvent autre chose. Ça pousse souvent dans les bras de personnes qui servent à rien, qui ne changeront rien à notre vie. On passe tous tellement de temps, d’énergie, et d’argent à se maintenir dans un état de séduction permanente. Quel gachi. Quel temps perdu. Et on dirait que toute la société nous pousse à ça parce que tant que les uns cherchent à baiser et que les autres cherchent l’amour, tant qu’on essaye les uns les autres de se séduire, on reste éloigné du problème et donc de la solution. 


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29.09.25


Le secret ce serait pas de mettre l’énergie qu’on passe à douter, à essayer d’apprécier ce qu’on a ? J’ai l’impression que si je fais ça, je serai une raté qui n’avancera jamais. Mais en essayant d’avancer j’ai toujours l’impression d’aller nulle part. 


Pourquoi la vie n’est pas suffisante ? Je sais que c’est un privilège de pouvoir se poser ces questions existentielles.



L’humanité est soit dans la lutte pour la survie et donc ne peut pas réfléchir à son sort parcequ’il y a d’autres sujets plus urgents, soit dans la course au confort, et reste bloquée à la surface, dans un torrent de toujours plus, une soif inextinguible, les yeux braqués sur son nombril, plaisir plaisir plaisir, divertissements, tiktok and so on…. Et dans ceux qui ont le loisir de se poser des questions, la grande majorité regarde ailleurs, seulement quelques uns se disent que 1- ya un truc qui tourne pas rond dans la façon dont le monde est organisé à l’échelle planétaire 2- ne se reconnaissent dans aucun système 3- se sentent impuissants à changer quoique ce soit 4- essayent de vivre en marge tout en appartenant au système quand même (ou brisent le lien et alors là je dis CHAPEAU BAS !) 5- se prennent constamment dans la gueule la norme (à chier) des autres… tout en étant persuadés que ce n’est pas ça la vie. JE SAIS QU’IL Y A PLUS, plus à vouloir que le sacro saint "CDI MARIAGE MAISON CHIEN BEBE".


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Quand j’avais 20 ans, et toutes les années avant, j’étais obsédée par le sens de la vie : pourquoi on choisit de vivre plutôt que de mourir. Alors j’ai commencé à demander à tous les gens que je croisais, amis, famille, inconnus, collègues… ce que c’était pour eux le sens de la vie ? Pourquoi ils pensaient être sur terre, personnellement et en tant que représentants de l’humanité. Qu’est-ce qui les motivait à se lever le matin ? J’ai tout consigné dans un blog qui est toujours visible aujourd’hui. Je suis retombée dessus la dernière fois, et ça m’a rempli de joie. La joie de lancer des conversations existentielles, plutôt que de parler de la pluie et du beau temps, d’aller vraiment en profondeur, de se questionner ensemble et de me laisser mouvoir par les réponses des gens.



Aujourd’hui la question reste intacte, j’ai une idée mais elle m’échappe toujours entre les doigts. Intellectuellement, c’est clair et limpide, mais dans les faits j’ai toujours autant de mal à ne pas être consciente de ce vide. Je vois autour de moi des gens qui s’oublient dans la fête à outrance, les drogues… une espèce de fuite en avant, mais je ne suis pas mieux car je fais la même chose, je remplis le vide par le travail. (Pas le travail pour lequel je suis payée, mais celui que je me suis donné avec mon art.) Aujourd’hui je dois m’arrêter avec mon épaule et je me sens inutile, diminuée... J’ai essayé de lutter en faisant des trucs les premiers temps, mais la douleur et la fatigue m’ont vite rattrapées. On me dit qu’il me faut encore 15 jours d’arrêt pour bien faire, j’ai l’impression que je vais exploser. 


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Comme si seulement exister, respirer, vivre, n’était pas assez, qu’il fallait constamment prouver quelque chose, montrer sa valeur. Et que le repos c’était pour les lâches, les mollassons. Je trouve ça triste. J’en parlais hier avec Baptiste et on se disait que oui, on aime nos amis, notre famille et notre couple ensemble, mais que c’était pas assez, qu’on avait besoin de nos projets pour avancer, pour se sentir vraiment complet. Même si les seuls moments où on arrive vraiment à profiter, c’est ensemble. Lui, il remet presque jamais rien en doute, chez moi c’est constant, comme si je marchais continuellement au bord de la falaise et que le vide me criait « tu n’ai rien » et que moi je tentais, en m’agitant, de lui prouver le contraire, pour ne pas tomber, mais plus j’en fais, plus je risque de tomber. Et puis quelle impudence, c’est sûr que je ne suis qu’un grain de sable dans l’océan. Et qu’est-ce que ça peut faire ? Le vrai problème c'est qu'aujourd'hui, l'art, qui m'a toujours nourri jusque là, sauvée de l'abysse, n'était plus suffisant. Je me dis continuellement A QUOI BON ? Je ressens ce A QUOI BON jusque dans la moelle de mes os. IL MANQUE UN TRUC. MAIS QUOI ?



Et en fait je me suis dit le sens de la vie, il n’est pas un, il est multiple, et c’est pour ça que c’est tellement difficile de l’appréhender, il est dans les toutes petites choses et aussi dans les grandes : il est dans le poulet du dimanche, il est dans ma peinture, il est dans les discussions sans fin avec les copines, dans les bras de Baptiste, dans les fous rire avec Oren, dans les weekends chez papa et maman, dans les appels à 3 avec mes soeurs, il est aussi dans ma solitude, dans le rayon de soleil, le bruit de la pluie et l’odeur de café le matin… c’est une marche d’équilibriste sur un fil. C’est la totalité de l’existence, pouvoir ressentir et contenir tout ça. Et cette mission dont je crois être investie, c’est ça… éminemment nécessaire, et complètement inutile : mon rôle c’est de poser éternellement la question. Parce que c’est en regardant le vide que quelque chose de vrai peut émerger, c’est en cherchant qu’on avance. Le pire ce n’est pas de chercher inlassablement, ce serait de rester figé à la même place toute sa vie. Trouver un sens ça voudrait dire être arrivé. C’est tellement antinomique avec la façon dont fonctionne la vie. 


Le sens de la vie c’est de se poser la question, à soi-même et les uns aux autres. c’est consciemment prendre conscience du vide. De se demander ce qu’il y a au-delà ? C’est collectivement et intimement essayer de répondre, pas pour se figer dans une réponse quelconque, mais simplement pour continuer d’avancer. Le vide fait partie de la vie. Quand on est obligé de s’arrêter, quand on doit se reposer momentanément, il faut apprendre à se laisser aller à son contact, ne pas se crisper. Il faut un temps pour tout.


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Le vide c’est le silence, c’est être face à soi-même, la solitude choisie ou subie, c’est l’arrêt de toute distraction. C’est la pleine conscience. C'est quand la musique s’arrête, et que la fête est finie. Le vide c’est l’ennui. C’est quand il n’y a rien à faire et qu’on choisit de ne pas allumer son téléphone. Le vide c’est quand le superflus s’en va et qu’il ne reste plus que l’essence. Le vide c’est le passage vers la véritable plénitude, celle qui t’habite de l’intérieur et qui rend inutile la course au plus qui n’en finit jamais, plus d'achats, plus de divertissements, plus de fric, plus de bouffe… C’est parce qu’on refuse de transiter par le vide qu’on pense à tort qu’il faut à toutes forces le remplir. Et c’est ce geste même qui nous empêche de voir ce qu’il y a comprendre : rien.


Il n'y a rien à comprendre. IL FAUT RESSENTIR. ECOUTER.


Le vide c’est la tension de l’être spirituel qui a une expérience charnelle. On ressent un truc, une soif, quelque chose en attente, que rien d’ici bas ne peut remplir. On doit s’élever. Pas renoncer au corps, mais trouver un moyen d’avoir pleinement un pied ici, l’autre, par-delà le miroir. C’est ça qui nous rend complet, prendre conscience de cette dimension qui nous façonne. C’est cette dimension qui me fait défaut, c’est ça qui me manque tellement. Se reconnecter au monde spirituel, elle est là mon urgence.



C’est ça que je veux atteindre par l’art et qui fait que je ne peux pas emprunter le chemin que prennent mes amis artistes qui tentent de “percer” et “vivre de leur art” (initiative ultra légitime et louable et que je soutiens à 100 pour 100). Je ne sais pas en quoi c’est antinomique pour moi avec ma mission de vie, mais ça l’est (peut-être parce que je ne peux pas faire partie de ce monde et jouer avec les règles concrètes de la vie, ça ne résonne pas pour moi, pas pour cette vie-ci, pas pour cette incarnation-là). Je dois ouvrir autant de portes et de fenêtres que possible, ou même de minuscules trous de souris, vers la dimension immatérielle de la vie, montrer aux autres qu’elle existe. Sans dogme, sans religion, juste ton expérience personnelle de ta sagesse intérieure, ton instinct, ta manière de te relier au monde, en tant que cosmos, à la nature, à notre terre nourricière, reprendre notre place dans le grand tout de l'existence. Avec de la bienveillance pour chaque chose vivante, avec respect pour chaque être humain. Ca me semble être la base de la base, et pourtant, partout je vois à quel point c’est la dernière des préoccupations de nos gouvernements et même des gens que je côtoie au quotidien…  Mais c’est la seule voie possible, le seul antidote. Et même si ça doit prendre des millénaires et des millions d’âmes comme moi, c’est à ça que je veux dédier ma vie, c’est à ce mouvement que je veux appartenir, c’est cette cause que je veux, et que je vais, défendre.



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