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MARS 2024

  • Writer: Eléonore Leberger
    Eléonore Leberger
  • Mar 29, 2024
  • 16 min read

Updated: Sep 19, 2024

03/03/24


Les ruptures comme des portes sur moi. Les relations n’ont jamais été aussi révélatrices que dans ce qu’il fallait comprendre depuis le début : les lâcher. Pourquoi tant de honte attachée à ces ruptures ? A processer ça ? A ressentir ça ? Comme si j’avais échoué quelque part, alors que le véritable échec ça aurait été de rester. 


Je vois à quel point la mort et la souffrance sont fertiles. 


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Parfois je me dis “c’est stupide”, d’autres fois je me dis “c’est tout ce qui compte”.


En tout cas, une chose est sûre, ce n’est pas à toi de juger si ton travail mérite de toucher les autres. Il aura une portée s' il doit en avoir une. CONCENTRE TOI SUR LE TRAVAIL, QUELQUE SOIT LE TRAVAIL. Te reconnecter à ça, sans relâche. C’est normal de vouloir du confort matériel, d’avoir de la reconnaissance, mais tu dois t’en détacher quand tu crées, faire comme si ça n’existait pas, car sinon ça te coupe les ailes. Et tu n’es plus dans le juste après, mais déviée de ton axe.


TRUST THAT EVERYTHING IS COMPLETE, always. 


04/03/24


Je vais travailler au lieu de rester sur mon impression négative de ce matin. C’est ça qui transforme tout, là où tu choisis de mettre ton focus. 


Ils m’amenuisent . me rétrécissent . me colonisent . cannibalisent . empêchent . entravent . bloquent . Le patriarcal love. Is there a way out of this ? Envie d’être aimée mais plus à n’importe quel prix. 


06/03/24


Loneliness. anger. rage. sadness. helplessness. I must KEEP AWAY at all costs. The only moment I thrived was the moment they left me (or when I decided to leave). I don’t want to analyze my pain too much to empower my anger, keep it strong and high like a shield. I want to wrap myself up in the flag of freedom.


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07/03/24


L'accrochage hier, quand j’ai descendu le carton et le sac plein de mes dessins encadrés, et que j’ai senti leur poids, et l’espace qu’ils occupaient de manière tangible dans l’espace, j’ai eu les larmes aux yeux. Quelque chose de tellement plus concret que la musique, ça me remplit, là où la musique me donnait souvent qu’une impression de vide. Des retours vraiment sympas en échangeant avec les gens qui étaient venus boire un verre au Loka. Encore une fois l’aide précieuse de Corentin. Et là j’ai peur mais c’est positif, c’est pas un stress qui te coupe les ailes et te rature le corps et l’esprit, c’est une vraie excitation, une envie. Alors qu’avant un concert je disais “j’ai hâte” un peu comme pour conjurer le sort. 


Je ressens une immense fluidité et beaucoup de lumière depuis que je me suis remise à dessiner à haute dose depuis le début de semaine. FEELING BLESSED. 


08/03/24


Hier, dans la rue pour aller au Loka, je ressentais une peur positive, qui galvanise, qui émulsionne et grandit, pas une peur panique qui amenuise comme avec la musique. Ce sentiment que j’étais en route pour retrouver quelqu’un qui fait battre mon cœur intensément, ce sentiment, poussé à son paroxysme. Et puis un moment de flottement quand j’arrive, après avoir disposé mes affaires, les tableaux, affiches, la boîte à mots. en attendant que les gens arrivent. Mais j’ai été vraiment bénie, les gens sont venus, et ont ramené du monde, j’ai rencontré des gens géniaux. Mes amis étaient là. Ils se sont intéressés, étaient super réceptifs à mon message, à l’énergie de mon art, et ça m’a remplie, vraiment profondément remplie. Le fait d’être disponible, pouvoir échanger comme ça, c’était magique. J’étais heureuse. En rentrant, j’ai relu les petits mots que les gens m’ont laissés. C’était trop adorable. Ce seront mes petits rayons de soleil pour les jours sans. Il fait beau dans mon cœur. Dans tout mon être je sens tellement de la lumière, ça irradie. C’est le début d’une ère plus légère, plus joyeuse.


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11/03/24


Tout retombe après le vernissage. Vide. Mais vide fertile, j’ai envie de créer, remplir l’espace de belles choses, pas seulement belles, mais significatives. Envie d’avancer. Après être passée d’un extrême à l’autre, je me sens revenir dans mon centre. Je me sens vraiment physiquement apaisée, comme si tout avait repris sa juste place.


Je ressens beaucoup de gratitude d’avoir Oren dans ma vie.


Quand tu te sens aspirée dans la dépression ambiante, rappelle-toi que ça appartient à l’illusion, à l’opium qu’on fume par automatisme, pas à la réalité.


Tu vois quand je lis ma rage du patriarcal love et de toutes ces ruptures, comme ils m’ont amenuisés, et comme les ruptures m’ont rendue mon pouvoir, je me rends compte que ça encore c’est une lutte, c’est le patriarcal way all over again, patriarcal break up, et au final, c’est juste une façon de voir, et surtout de retourner la réalité et de l’alourdir avec des notions superflues. LIGHTLY CHILD. Il est temps d'arrêter cet ideological bullshit et de revenir à la simplicité, de revenir à moi. j’ai été déçue mais j'ai vécu de beaux moments, et de belles choses m’attendent. Essayer de me reconnecter à la réalité de l'expérience, multiple et contradictoire. et tout ira mieux. 


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Tout peut basculer d’un jour à l’autre (en bon comme en mauvais) donc profite de chaque instant.  


Finalement c’est quand rien n’est encore arrivé, et que tout est encore possible, que réside le plus de lumière. 


12/03/24


Je n’aime plus trop ce que je dessine en ce moment, je suis passionnée par les dessins des autres et j’ai du mal à me connecter avec ce qui doit sortir de moi mais ce n’est qu’une vague qui s’éloignera et reviendra. En attendant, gribouiller, gribouiller, gribouiller. L’inspiration doit me trouver au travail. Et je dessine tous les jours malgré tout. 


C’est comme ça que je veux vivre, sans chercher à remplir et faire sens à tout prix. 


13/03/24


Le fait le plus majestueux de cette journée c’est que j’ai découvert l’oeuvre de Charlotte Salomon et je suis estomaquée, je sens mon coeur qui bat à 100 à l’heure comme si j’étais tombée amoureuse, tout me parle dans ce qu’elle a créé, tant que je ne sais plus par quoi commencer, le fait qu’elle ait tout fait avec les moyens du bord, sur du papier A4, avec 3 couleurs de base et des pinceaux ordinaires. Qu’elle a tout créé en 18 mois, plus de 1000 peintures, que c’était créer ou mourir, même si elle est morte quand-même, que certaines de ses oeuvres ressemblent aux miennes par leur côté viscéral et les mots qu’il y a partout, grande frustration de ne pas savoir lire puisque tout est en Allemand. Certaines planches ne sont que des mots, des phrases, comme certains de mes A2. J’ai les larmes aux yeux, car une fois de plus je sens que j’ai encore trouvé quelqu’un de ma famille d’âme et il n’y a rien que je désire plus que de reprendre le flambeau. 


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Je veux ouvrir une porte sur l’absolu qui est contenu en nous. Connecter à l’en-haut, à la magie, au divin et par là, connecter à soi-même, et à l’humanité tout entière, donc au cosmos, etc. c’est une mise en abîme perpétuel car nous ne faisons qu’un. Quand je pense à toutes les choses qu’il me reste à créer, ça me remplit d’une joie immense. 


14/03/24


Mes ami(e)s m’aident à processer, digérer, avancer. Gratitude immense. 


Tu sais parfois je pense qu’il faut faire comme si on n’avait jamais rien vu rien entendu pour laisser sortir ce qui doit sortir de nous. Je me sens comme le chat en feu, pris dans une frénésie créatrice, une folie fanatique et obsessive. Je sens mon corps traversé par un grand courant de marées, de vagues et de ressac, je sens la houle soulever mon cœur et le faire descendre et monter à nouveau. J’ai perdu tellement de temps à vouloir faire bien, à chercher à lisser, chercher la perfection dans le paraître alors qu’il suffisait de ne penser à rien, de laisser être, laisser faire (sans peur, sans honte, en faisant taire les voix qui s’érigent sans cesse dans ma tête), de créer comme une possédée, laisser faire même le moche ou le geste qui semble dénué de sens, et de cette masse souvent informe, parfois magnifique et magique, ressort des pépites qu’il faut collecter et mettre de côté, mais tout garder car tout à servi à l’oeuvre, l’oeuvre c’est la boue et le nénuphar, la coque et la perle, le charbon et le diamant. Mon corps est en pleine mer mais ça ne me fait plus peur. 


D'ailleurs j’ai fait récemment un rêve à ce sujet, on était toute la famille collés les uns contre les autres sur un radeau de fortune, sans une terre à l'horizon. L’eau était noire et avant je me serais sentie menacée, là j’étais bien, calme, je ne me sentais pas en danger. Et puis on arrivait dans un port, et du monde partout, c’était ça qui me semblait oppressant, tout le monde voulait rejoindre la terre ferme. Peut-être que c’est ça la seule différence. Il y a ceux qui vivent avec le sol bien solide sous leurs pieds et ceux qui choisissent de s’en remettre aux Dieux et de remettre leur existence toujours en jeu. Mais pour les uns comme pour les autres, il n’y a aucun contrôle définitif possible, aucun savoir absolu, aucun fait irrémédiable. La seule différence c’est de pouvoir vivre avec l’incertitude. Avec la peur. Si tu peux, tu te jettes à la mer, et il n’y a plus de retour en arrière possible. Et quelqu’un comme Charlotte Salomon, elle s’est jetée et elle nous a laissé ce témoignage  de son passage, de sa lutte, de sa magie aussi, nous livrant tout, sans distinction, sa noirceur, ses rêves, ses échecs, son obsession amoureuse déçue, les gestes incestueux du grand père, son meurtre, sa peur de la folie, du suicide… mais il y a sa magnificence aussi, la sublimation par l’art, je sais pas, je trouve que tout est dit parce qu’elle est vraie, elle ne cache rien, et l’essence de l’humanité est en elle. Et elle est en chacun de nous bien sûr mais tout le monde passe tellement de temps à cacher dissimuler transformer masquer, que c’est très rare d’accéder à tout sans restriction. Et c’est ça que je recherche, donner tout sans restriction. Et ça tu ne peux le faire sans amour, sans t'impliquer émotionnellement. On vit comme on crée.  


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Donc tu vois en ce moment je regarde beaucoup ce que les autres font et je suis estomaquée par l’oeuvre des autres, mais se rappeler toujours qu’il faut créer comme si on n'avait rien vu rien entendu, et être concentré sur sa propre démence, sa propre obsession car c’est là que se joue le plus important. Quand je regarde les dessins de mon exposition au Lokarria je vois comme cela fait partie d’un temps déjà révolu pour moi, et même si je ne vends aucune oeuvre, même si je n’ai jamais de succès matériel, avoir l’opportunité de créer comme ça, saturer ma vie d’art comme je l’ai fait, continuer ce chemin, rien que ça,  est un immense privilège et le plus grand des luxes, et ça me remplie de joie chaque jour. 


Parfois j’ai l’impression qu’on ne peut bien travailler que dans le silence de l’anonymat. 


Tu sais je me rends compte que je n’ai jamais été aussi heureuse depuis que je ne suis plus avec personne, et je vois la puissance de mon potentiel d’évolution, puisque je ne peux ni ne veux me ranger dans aucune case, tout est possible en permanence, et ça crée quelque chose d’infini comme des miroirs qui se font face. Je vois le chemin devant moi, non pas comme quelque chose que je dois arpenter pour arriver à un but, mais plus comme un déroulement nécessaire, qui n’aura de fin qu’avec ma mort, où chaque pas se suffit à lui-même, et en même temps, fait partie d’un grand tout. 


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Plus j’avance et plus je me dis que le beau livré à lui-même, sans être accompagné de SENS ne sert à rien. 


Si tu es capable de bouger, de te mettre en mouvement, d’accepter de te remettre en question, de laisser de la place en toi, c’est gagné, sinon tu deviens dur et cassant comme de la pierre et tu finis par couler. Parce que plus rien ne te traverse et tu te solidifies, et la rigidité de ton cœur empêche tout, et toute ta vie en pâtit.

Ceux qui préfèrent rester dans l’ombre de la solitude, plutôt que prendre le risque de la lumière de l’amour, c’est le truc le plus dur à assimiler dans ma vie, et forcément j’y suis confronté, car c’est l’anti-thèse de ma mission sur Terre. Mais voila tu ne referas pas l’histoire, et je pleure toutes ses versions d’eux qui sont morts avec moi, dans mes bras, ces morts dont moi seule ai été la témoin. tous ses mondes avortés, tous ses possibles qui ne verront jamais le jour. Pour une raison inconnue je dois ressentir cette émotion. Je ne sais pas pourquoi mais je sais que c’est nécessaire. 


15/03/24


Cette expression, “Trouver l'amour”: l'amour est déjà là, partout. Les anges doivent rire quand ils nous entendent demander ça. 


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18/03/24


Monday. Back at work. Back at the center of myself. Le week-end était incroyablement productif. Je n’ai fait que créer. Peinture. Dessin. Musique. Samedi, me lever à mon rythme sans perdre toute ma matinée non plus. Et puis, effervescence de création, je sautais de mes peintures à mes crayons à ma guitare, dans un mouvement super fluide. J’ai aussi passé énormément de temps à commencer à prendre en photo tous mes dessins pour les ajouter sur mon site web. C’était ultra chronophage et je ne suis qu’au début ! Mais je suis contente d’avoir lancé le processus.


Une part de moi est un peu honteuse de continuer à être inspirée par cette histoire, d’avoir encore des choses à processer, mais d’un autre côté, quand il n’y aura plus rien à regarder en face, plus rien à comprendre, plus aucun voiles à soulever, je ne reviendrai plus jamais dessus, et je ne sais pas si tous ces mecs qui refusent de soulever la cloche qui les protège de leurs sentiments peuvent en dire autant, et peu importe, car j’ai dépassé ce stade de croire que c’est à propos d’eux. Tout ce processus ne regarde que moi, c’est un entretien avec moi-même, ils ont ouvert une porte, et c’est tout. Nous sommes seuls avec nous-même du début à la fin. Et les gens sont vraiment des miroirs qui nous mettent face à nos contradictions, notre bullshit, nos faiblesses, nos défis, notre part d’ombre, et notre lumière aussi. Et tout ça est multiplié par 1000 dans nos relations amoureuses. Et c’est d’ailleurs pour ça que quelqu’un comme moi, qui veut tellement évoluer, a toujours recherché ce genre d’expériences, alors que d'autres, comme L et B, les fuient.


Donc tout ça pour dire, c’est pas grave d'avoir un peu honte, la vérité c’est que tu avances.

Et oui cette nouvelle chanson c’est réaliser qu'on ne peut pas sauver les gens, on ne peut rien faire pour eux, on ne peut qu'aimer, et parfois, on ne peut même pas aimer, parfois, il vaut mieux les laisser repartir et les aimer du plus loin qu’on peut. Et je n’ai pas envie de céder à la facilité de me dire que c’est du gâchis. Je pense sincèrement qu’il n’y a jamais de mauvais moment, il n’y a que des moments complets, qui servent ton expérience et ton évolution. Alors je ne bloquerais rien de ce qui doit être. who am I to judge ? Who am I to know and decide what’s best ?


Funny that it is always the people who love the most who are the most ashamed. 


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20/03/2024


Ils ont tous été des vagues qu’il fallait que je laisse me traverser. 


We have been brainwashed to find love but it is the other way around : love must find us. 


J’ai envie de péter toutes les règles, toutes les normes, tous les systèmes, toutes les étiquettes. Putain mais ils voient pas les gens que c’est juste un jeu auquel ils ont décidé de croire tous ensemble et que c’est juste cet effet de masse qui leur donne un air sérieux ? Mais il n'y a rien de sérieux, c’est du branlage de cerveau tout ça. 


Mais ce weekend quelque chose à changé, c’est infinitésimal comme à chaque fois, mais je gratte je gratte je gratte, et je finirai par y arriver, pour l’instant c’est à mains nues, mes ongles dans la terre desséchée, mais demain qui sait ? 


De toute façon on ne peut bien créer que si l’on est seul face à sa tâche, sans spectateur, car ça doit rester une expression pure qui vient de l’intérieur, presque comme déconnectée du monde. 


Je suis de plus en plus persuadée de ça, que j’appartiens à la marge. Je l’ai toujours su d’ailleurs, je savais que je n’étais pas destinée à une vie normale et que ce serait dur, mais que je ne pouvais pas y échapper, à moins d’être complètement contre-nature, et alors les souffrances seraient encore plus grandes. Voilà c’est tout, il faut arrêter de vouloir fuir. Il me faut embrasser totalement avec tout mon être ma destinée. PERSONNE NE ME SAUVERA et plus je lutte plus je m’embourbe. 


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Mais vraiment aujourd'hui et depuis hier, beaucoup d’angoisse, de peur, et de tristesse, de sentiment d’être coupée de quelque chose, un vide, une cassure, et ce froid qui n’en finit pas. SOLITUDE intense. Mais je sais que ce n’est qu’une vague, je me sens toujours connectée à la source. Chaque vague est nécessaire au final. Et j'accepte d’être ballottée et menée là où je dois être menée. C’est ma voie et je veux l’aimer puisque c’est tout ce que j’ai. Je ne veux plus de lutte. ACCEPTER L’INACCEPTABLE. je suis la marge, même si j’ai l’air d’appartenir, ça a toujours été ainsi, je me fonds dans leur monde mais je n’en ferai jamais partie. Et je ne veux pas être triste de ça. Pourquoi ça devrait être triste ? Au moins je sais où je suis et je sais qui je suis et je sais ce que je dois faire. 


LAISSER LA VAGUE ME TRAVERSER. 


Parfois j’ai envie de complètement arrêter d’écrire. J’ai l’impression de ressasser que de la merde et de devenir folle. 


J’ai tellement de haine en moi, mais je veux la laisser telle-quelle, elle me rappelle ce qu’il me faut éviter à tout prix. 


26/03/24


JUMP INTO THE VOID, knowing you owe no explanation to those who are watching - others dilute your power.


Maybe those people are there to show us, to teach us, to deal with imperfect imperfection, the incomplete complete nature of it all. Beauty in chaos, etc… et surtout nous apprendre à LÂCHER, à  accepter la défaite. Car il n’y a pas de défaite, il n’y a que ce qui doit arriver, il n’y a que CE QUI ARRIVE, il n’y a que CE QUI EST. 


Je veux avant tout me connecter à ce qui résonne en moi, quitte à être complètement à contre-courant. 


On est tous comme ça, plein de contradictions et il n’y a rien à résoudre. Il n’y a rien à faire, seulement vivre cette folie. 


Et que ça se passe ou non n’est pas vraiment la question, ce qui est important c’est de pouvoir énoncer, énoncer mon désir, le véritable désir de mon âme, sans ego, sans bullshit, juste la vérité, MA vérité. C’est puissant, de le voir, de pouvoir le dire. Et quoiqu’il arrive, cette vérité m’appartient. Après, ce qui doit arriver, ce n’est pas entre mes mains. Et je m’incline devant ta volonté. Front contre le sol, les bras étalés devant moi, en totale soumission. J’accepte, j’accepte tout. J’avalerai tous les gâteaux, et toutes les couleuvres. JE PRENDS TOUT.


Que faire de mes pensées pendant que la vie opère ? Ce flux ininterrompu de désir, de rêves ?


CRÉER 

C’est tout ce qu’on te demande. 

CREER CREER CREER 


You must let everything go. Everything must die. And you must jump into the void. I feel like I’m still waiting to be saved. I’m still waiting for the tap in the back + cuddles in the night. But that lingering must die too. I must close the doors, shut the windows. Focus only on my creations, my making, myself and my son and embrace solitude and embrace what life has to say, what life has to give. Because I know SHIT. He was right, I didn't reach my limits. And I must reach it, and push it further as much as I can. And for that I must ISOLATE. I must let the crazy one take over, knowing everything will be fine. Let her be and speak and everything will be fine. 


27/03/24


J’ai l’impression que je viens de tout défricher et qu’il me faut bâtir maintenant, et c’est rigolo d’avoir fait la démarche d’exposer avant d’être prête. Avant que ce soit plus abouti. Mais ça ne change rien. Car rien n’est jamais atteint alors pourquoi attendre ? Je vois ce qu’il a voulu me dire JL-B. Je le vois dans mes dessins, qu’il y a quelque chose de fort en suspens mais pas encore actualisé, matérialisé. Je veux aller chercher ça, et au lieu d’être démoralisée par la critique comme je l’étais toujours avant, je vois qu’il me donne juste le next step. Et ça n’invalide pas tout le reste pour autant. Je vois vraiment tout ce que j’ai fait jusqu’ici non pas comme des brouillons, mais des parties du même corps dans un être en constante évolution. Aussi le fait de m’exposer fait partie du travail, ce jeu de se faire peur, se faire honte, repousser les limites de ces barrières internes, de se mettre en danger, fait partie de mon travail. C’est comme ça que j’avance. C’est comme ça que je me suis créé en tant qu’artiste, à l’extrême opposé de Charlotte Salomon qui s’est enfermée pendant 18 mois pour créer. Souvent je me demande comment Anaïs Nin, ou Sylvia Plath auraient été si elles avaient vécu à notre époque avec Instagram et les autres réseaux, cette explosion permanente de tout. En quoi leur art aurait-il été impacté ? Qu’est-ce qu’elles auraient laissé au monde alors ? 


Parce qu’il y a mes doutes très forts en ce moment, j’ai vraiment l’impression de me réveiller et de me dire, non mais qu’est-ce que j’ai foutu ? Je ne suis pas dessinatrice. Je ne suis pas musicienne. Je ne suis pas écrivain. Mais force est de constater que je dessine, je chante et crée des chansons et j’écris. Et je le fais constamment, des heures par jour, dès que j’ai un instant, et là façon dont je le fais est importante parce que ce n’est pas celle des autres, donc ça compte. Il FAUT continuer. Parce que c’est important de dire TU PEUX FAIRE AVEC LES MOYENS DU BORD, TU N’AS PAS BESOIN D'AVOIR FAIT UNE ÉCOLE D’ART, TU N’AS PAS BESOIN DE MATOS DERNIER CRI, TU N’AS PAS BESOIN D'ÊTRE PRÊT, ON S’EN FOUT DE PAS AVOIR DE TECHNIQUE SI ON A LE SENTIMENT, LES ÉMOTIONS PASSENT QUAND MÊME ET C’EST TOUT CE QUI COMPTE faire bouger les choses librement en nous et à l’extérieur de nous. LAISSE LA VIE S’EXPRIMER À TRAVERS TOI. NOUS SOMMES UN, ET AMOUR, ET CONNECTE A LA SOURCE EN PERMANENCE. S’en souvenir, s’en souvenir, s’en souvenir. 


Ce n’est qu’en étant vraie avec moi que la vie peut être vraie avec moi.


Ma première expo “Ensemble ils brûlent brûlent brûlent” c’était le réveil et la mise en marche d’un projet beaucoup plus vaste, qui peut maintenant s’extraire des carcans du beau, de l’ego, de la surface, du lisse, de l’image, pour aller vers le brut, le sens, et c’est tout. Pas de prétention, pas d’intellectualisation. Ne plus essayer de plaire. Je le vois aussi dans mes dessins. Comme ça a amené quelque chose de nouveau. Une libération supplémentaire. 


En fait, la rupture ne peut pas m’anéantir. Au contraire, passé ce moment de fragmentation et de dépression qui n’était qu’une illusion, qu’un passage, sur un ailleurs plus riche en moi-même, chacune de mes ruptures n’a fait que me sublimer. Si on ne s’était pas rencontré, et pas quitté, je n’aurais pas développé tout ce que j’ai mis dans ma vie aujourd’hui. Tout était éminemment nécessaire, voulu, juste et bon, SOUHAITABLE. 


Et quand je pense que je revivrai ça à nouveau, je me sens rempli de grâce divine. Et je n’ai plus peur. Encore une fois la vie m’a prouvé que TOUT A UN SENS, rien n'arrive sans raison et il n’y a pas de cruauté, il n’y a que ce qui doit arriver pour faire sortir de toi ce qui doit sortir et briser la boue séchée accumulée partout, tout ce bullshit dans lequel on baigne en permanence. Bien sûr ça fait mal, mais une fois de l’autre côté tout est transfiguré et à chaque fois je me dis “ça en valait la peine.”


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